1. L'état de santé de la batterie
C'est le premier critère, et souvent le moins visible. La capacité d'une batterie diminue progressivement avec les cycles de charge — plus rapidement si elle a été régulièrement chargée à 100 % avec une chimie NMC, ou exposée à des températures extrêmes.
Ce qu'il faut demander :
- Un rapport du système de gestion de batterie (BMS), lisible via outil constructeur ou application tierce selon le modèle.
- La capacité restante en kWh ou en pourcentage d'état de santé (SoH).
- L'historique de recharge si disponible (proportion de charges DC rapides).
Pour les modèles récents avec batterie LFP (ex. Tesla Model 3 SR à partir de 2021, VW ID.3 Entry sur certaines versions), la recharge à 100 % est recommandée par le constructeur — la chimie supporte mieux les pleines charges. Pour les batteries NMC, 80 % au quotidien reste la règle prudente.
2. La compatibilité de recharge
Deux éléments à vérifier : la puissance AC (chargeur embarqué) et le standard DC (prise de recharge rapide).
- AC domicile : la plupart des VE ont 11 kW. Les premières générations de Renault Zoé disposent d'un chargeur 22 kW chameleon — un avantage si votre installation le permet, mais sans incidence si votre wallbox est limitée à 11 kW.
- DC public : vérifiez si le véhicule utilise CCS (standard européen) ou CHAdeMO (Nissan Leaf jusqu'en 2022, Kia e-Niro première génération). Le réseau suisse couvre bien CCS ; CHAdeMO est en recul sur les nouvelles installations.
Pour les Nissan Leaf de la première génération (batterie 40 kWh), la recharge DC est en CHAdeMO et plafonne à 50 kW. Les bornes rapides 150-350 kW CCS ne sont pas compatibles.
3. L'autonomie réelle en conditions suisses
L'autonomie WLTP figurant sur les fiches techniques a été mesurée dans des conditions standardisées (température ambiante, vitesse modérée, climatisation réduite). En Suisse, plusieurs facteurs la réduisent :
- Températures hivernales : le froid réduit la capacité disponible et augmente la consommation du chauffage.
- Dénivelés : la montagne consomme davantage à la montée, même si la récupération partielle compense à la descente.
- Dégradation de la batterie : un véhicule de 2019-2020 n'a plus la capacité mesurée à sa sortie d'usine.
Consultez le catalogue MonVE pour les specs WLTP d'époque de chaque génération, puis ajustez selon l'état de la batterie et votre usage réel.
4. La garantie restante
Plusieurs constructeurs prévoient une garantie batterie de 8 ans ou 160 000 km, transférable au second acheteur. La vérifier avant signature peut éviter une mauvaise surprise si la capacité tombe sous le seuil garanti (souvent 70 ou 75 % de la capacité initiale).
Demandez systématiquement les documents de garantie originaux et leur date de début (premier jour d'immatriculation, pas la date d'achat). L'entretien prévu par le constructeur doit également avoir été respecté — vérifiez le carnet.
5. Le coût réel sur 5 ans
L'achat d'un VE d'occasion n'élimine pas les autres postes de coût. Le simulateur MonVE permet d'estimer sur 5 ans : énergie, entretien et assurance. L'entretien d'un VE est réduit (pas d'huile, pas de bougie, moins de sollicitation des freins) mais non nul : pneus, liquide de frein, courroie de distribution si présente, inversion des roues.
Pour l'assurance, les six clauses spécifiques aux VE (batterie haute tension, câble, wallbox, assistance batterie vide, vitrages et véhicule de remplacement) méritent d'être vérifiées même sur un véhicule d'occasion. La couverture batterie peut être différente selon l'âge du véhicule.